GRUE Mélanie (PRAG)

Mes recherches portent sur la portée idéologique et la force heuristique de la littérature minoritaire, et sur la manière dont cette dernière met à mal la taxonomie critique sur l’identité.

Dans ma thèse en Littérature américaine, intitulée « Grotesque queer et savoirs abjects dans l’œuvre de Dorothy Allison », je propose une lecture de l’œuvre littéraire au prisme des théories du sujet, des whiteness studies, des trauma studies, des études sur le genre et les sexualités, et des critiques sur les genres littéraires. L’œuvre de l’autrice originaire du milieu blanc pauvre de Caroline du Sud, victime d’inceste, féministe et queer, est envisagée comme un espace de résistance pour les sujets subalternes : la sujétion est mise en scène dans l’œuvre, et traduite dans une écriture grotesque au sein de laquelle le monstrueux et la matérialité des corps racontent l’histoire d’un sujet brisé par les normes sociales. La thèse met en lumière les liens entre écriture autobiographique et revendication identitaire. L’œuvre littéraire, qui rend compte de la réalité des expériences marginales des sujets opprimés et stigmatisés, dialogue avec les discours dominants et les discours théoriques sur les minorités.

Je travaille dans une perspective transdisciplinaire à partir d’objets littéraires et artistiques produits dans les marges géographiques, sexuelles et idéologiques. Mes recherches se situent à l’articulation des arts visuels, de la littérature et des sciences humaines et sociales, et portent sur la manière dont les expériences minoritaires entrent dans le champ littéraire, artistique et politique. J’étudie ce que l’esthétique et la poétique apportent à la revendication politique, à la dénonciation des relations de domination et à la compréhension de la complexité des subjectivités marginales.

Direction de revue

  • Women’s History, special issue, “Documents in Women’s History”, été 2017. Numéro dirigé par Mélanie Grué et Marie Ruiz.

Contributions à des ouvrages collectifs :

  • « Trauma and Survival in Dorothy Allison’s Bastard Out of Carolina, or the Power of Alternative Stories », in Silvia Pellicer-Ortin & Sonya Andermahr (Dir.), Trauma Narratives and Herstory, Palgrave Macmillan, avril 2013, pp. 83-97.
     
  • « Le pseudo-témoignage de Dorothy Allison, entre stabilisation et subversion des catégories de genre », Genres/Genre dans la littérature anglaise et américaine, Dir. Isabelle Alfandary, Vincent Broqua, et Charlotte Coffin, Paris : Michel Houdiard Editeur, mars 2016.
     
  • « ‘A passionate eloquence of the body’ : Social violence, contact and the communion of bodies in the works of David Wojnarowicz », Defining and Redefining Space in the English-Speaking World : Contacts, Frictions, Clashes Contacts, Cambridge Scholars Publishing, Fanny Moghaddassi, Ghislain Potriquet et Anne Bandry-Scubbi (Dir.), 2016, pp. 63-78.
     
  • « David Wojnarowicz’s poetics : magnifying homosexual male bodies, exalting queer intimacies », in Gilad Padva & Nurit Buchweitz (Dir.), Intimate Relationships in Cinema, Literature and Visual Culture, Palgrave Macmillan, 2017.

Articles publiés dans des revues à comité de lecture :

  • « ‘Bearers of babies, burdens, and contempt’ : Reclaiming the Female Body in Dorothy Allison’s Testimonial Writing », National Taiwan University Studies in Languages and Literature, n°30, décembre 2013.
     
  • « The Internal Other : Dorothy Allison’s White Trash », Otherness : Essays and Studies, 4.2, avril 2014.
     
  • « Celebrating Queer Lesbian Desires with Dorothy Allison : from Moral Monstrosity to the Beautiful Materiality of the Body », Ilha do Desterro : A Journal of English Language, Literatures in English and Cultural Studies, vol. 68, n° 2, “Body and Literature”, 2015, pp. 127-140.
     
  • « Savoirs subalternes et transdisciplinarité : l’indiscipline queer ». Quaderna, n°3 : « L’art de la discipline : disciples, disciplinarité, transdisciplinarité », printemps 2016.
     
  • « Distorted Voice, Perverted Gaze : The Ambiguous Figure of the Child-Victim in Dorothy Allison’s Incest Story », Leaves, n°2, 2016.

Entretien :

  • « “Great writing always sings” : Dorothy Allison Speaks », The Southern Quarterly, Vol. 53, n°2, mars 2016, pp. 130-145.

Communications

  • “‘You’re not my people’ : Social Standards, Story-Telling and Transgression in Dorothy Allison’s Bastard Out of Carolina”, Southern Writers/Southern Writing Graduate Conference, 15-17 juillet 2010, Université du Mississippi.
     
  • “Trauma and Survival in Dorothy Allison’s Bastard Out of Carolina, or the Power of Alternative Stories”, Colloque international “Trauma Narratives and Herstory”, 12-13 novembre 2010, Université de Northampton.
     
  • « Le rejet de l’Autre chez Dorothy Allison : de la marginalisation au refus d’intégration », Colloque international « Formes et Stratégies du Refus », 27-29 janvier 2011, Université de Nice.
     
  • « “Bearers of babies, burdens, and contempt” : Reclaiming the Female Body in Dorothy Allison’s Testimonial Writing », Colloque de la Contemporary Women’s Writing Association, National Chio Tung University, Taipei, Taïwan, 11-13 Juillet 2012.
     
  • « “A passionate eloquence of the body” : Social violence, contact and the communion of bodies in the works of David Wojnarowicz », Colloque international « Contacts, frictions, heurts », Université de Strasbourg, 3-4 octobre 2014.
     
  • « Giving the incest victim a voice in Dorothy Allison’s fictional autobiography », Colloque « The Child’s Voice, the Child’s Gaze », Université Bordeaux-Montaigne, 27 mars 2015.
     
  • « Paradigmes subversifs du genre dans la photographie de Nan Goldin : pluralité humaine et révisions épistémologiques », Colloque « Le(s) genre(s) : Définitions, modèles, épistémologie », ENS de Lyon, 17-18 décembre 2015.

Messagerie électronique : melanie.grue[at]univ-paris8.fr