CORBEL Fanny

Fanny Corbel est actuellement bibliothécaire dans l’enseignement supérieur et chercheuse associée en littérature féminine africaine américaine du XXe siècle.

 

Travaux de thèse - « ‘It’s Slaughter Without the Blood’ : l’écriture de la violence au féminin dans les romans de Toni Morrison », dir. Isabelle Alfandary, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, 2022.

 

Sa thèse visait à renverser le paradigme de la double minoration raciale et sexuelle subie par les femmes noires africaines américaines afin d’envisager la violence telle qu’elle est exercée, provoquée, voire revendiquée, par les héroïnes dans l’ensemble du corpus romanesque morrisonien. Qu’il s’agisse de la violence des mères, de celle exercée au prisme de la notion de genre ainsi que de celle reflet d’une violence du texte-même, les gestes répondent à un schéma d’intériorisation de la violence vécue face auquel les protagonistes noires se conforment ou résistent. Mais c’est aussi la portée symbolique et politique de l’acte violent émancipateur que Morrison met en lumière dans la (non-) narration de cette violence. Face à la représentation de l’inénarrable, héritage du traumatisme, elle choisit l’économie des mots et l’esthétisation de l’horreur afin d’inter-dire cette violence.

 

Travaux de recherche actuels - « Écrire la survie en communauté : l’exemple des écrivaines lesbiennes africaines américaines (années 70-80) ».

 

Les travaux de recherche de Fanny Corbel portent actuellement sur les textes de fiction de certaines écrivaines lesbiennes africaines américaines des années 1970-80 et, plus spécifiquement, sur la manière dont elles font communauté, notamment littéraire, afin de survivre aux multiples oppressions auxquelles elles sont confrontées. Cette approche autour de l’idée de « faire communauté » en vue de proposer une vision du monde alternative chez les écrivaines lesbiennes africaines américaines l’amène au croisement de l’analyse textuelle, de l’histoire littéraire et de l’histoire de l’écrit. Quels sont les liens existant entre ces autrices au travers de leurs œuvres, des sujets abordés ainsi que via la dimension interpersonnelle ? Quels futurs ces autrices envisagent-elles ? Dans quelle langue ceux-ci sont-ils exprimés ? Écrire le lesbianisme, le représenter dans la littérature féminine africaine américaine dans l’idée de rendre visible, voire de rassembler, pose également la question de la réception de ces écrits, d’autant plus dans un contexte où l’accès aux moyens et outils de publication est restreint pour ces autrices. Ces écrits donnent-ils lieu à une/des communauté(s) réelle(s), imaginée(s), projetée(s) ? Ils interrogent enfin sur une potentielle dimension « universelle », ou du moins partagée, de ces textes au sein de la communauté littéraire lesbienne noire.

 

Autrices étudiées :

  • Ann Allen Shockley (1927-)
  • Pat Parker (1944-1989)
  • Audre Lorde (1934-1992)
  • Cheryl Clarke (1947-)
  • Doris Davenport, (1949-2024)
  • Stephania/Stephanie Byrd (1950-)
  • Becky Birtha (1948-).
  • ‘It’s Slaughter Without the Blood’ : l’écriture de la violence au féminin dans les romans de Toni Morrison. Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris 3, 2022.
  • « Combattre le pire par le mal » : violence et langage par-delà la honte dans Beloved de Toni Morrison. Traits d’Union, n°11, 2022, pp. 32-41.